du 15 février au 21 février 2027
Ce qui reste
Lionel Sabatté
Lionel Sabatté investit l’ensemble du Musée de la Chasse et de la Nature avec une exposition monographique réunissant peintures, dessins, sculptures et tapisseries, dont une majorité d’œuvres inédites.
Une matière qui porte la mémoire du vivant
Poussière, rouille, laine, ongles, peaux mortes, ciment : Lionel Sabatté travaille des matériaux situés aux marges du vivant et du déchet. Sous ses mains, ces résidus deviennent le lieu d'une transformation permanente, brouillant les frontières entre règnes animal, végétal et humain. Au cœur de son travail, l'oxydation, soit la réaction du fer et de l'oxygène, fait naître des compositions où la rouille et les pigments deviennent les traces visibles d'une matière en perpétuel changement.
Réensauvager le regard
Cerfs, loups, sangliers, ours, chiens, oiseaux : les figures les plus emblématiques du musée traversent l'exposition, mais jamais sous leur forme attendue. Le chien y redevient loup, les brebis se métamorphosent en créatures sauvages, les oiseaux se font paysages. Entre construction et ruine, puissance et fragilité, ces figures interrogent la perte et l'altération comme des nécessités du vivant plutôt que comme des menaces.
Un parcours dans tout le musée
L'exposition s'ouvre dans la cour avec Mort fertile, sculpture monumentale en bronze représentant un cerf dont les bois s'enfoncent dans la terre où l’image d'une perte qui devient promesse de renaissance. Le parcours se déploie ensuite à travers la salle d’exposition temoraire puis dans les salles du parcours permanents
L’exposition en 6 clefs
① Une exposition monographique inédite
Une majorité d’œuvres nouvelles de Lionel Sabatté, nommé au Prix Marcel Duchamp 2025.
② Tous les médiums réunis
Peintures, dessins, sculptures et tapisseries.
③ Le musée investi dans son intégralité
Les deux hôtels particuliers et la cour, en résonance et parfois en tension avec les collections permanentes.
④ Une histoire commune
Un dialogue entre l’artiste et le musée engagé depuis 2017.
⑤ La figure animale comme lieu de renversement
Cerf, loup, sanglier, ours, chien : des figures emblématiques entre puissance et fragilité, construction et ruine. Le domestiqué se réensauvage.
⑥ Une matière traversée par le temps
Poussière, rouille, ciment, ongles, peaux mortes, laine délitée : des matériaux qui deviennent le lieu d’une métamorphose et d’une résistance face à la disparition.
L'artiste
Né en 1975 à Toulouse, Lionel Sabatté a passé une partie de son enfance à La Réunion, expérience qui marquera durablement son rapport à la nature. Diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2003, il vit et travaille aujourd'hui à Paris. Depuis plus de vingt ans, il développe une pratique fondée sur la transformation de la matière et le passage du temps. Nommé au Prix Marcel Duchamp 2025, il a notamment exposé au Centre Pompidou, au Palais de Tokyo, au Muséum national d'Histoire naturelle, au MAMC+ de Saint-Étienne et au Château de Chambord.
Cette exposition prolonge un dialogue engagé avec le Musée de la Chasse et de la Nature depuis 2017, quand son œuvre « La Sélection de parentèle » avait été présentée dans la cour de l'hôtel de Mongelas. Trois hirondelles de poussière de l'artiste sont depuis entrées dans les collections du musée, où elles sont toujours visibles dans le salon des Oiseaux
La commissaire
L'exposition est portée par Amélie Adamo, historienne de l'art, auteure et commissaire indépendante, dont le travail s'attache notamment à la peinture figurative, à la mémoire et à l'hybridation. Elle a récemment co-signé le commissariat de l'exposition Immortelle (MO.CO. Montpellier puis Art Paris) et celui de Luxe, Calme et Volupté pour la réouverture de La Malmaison à Cannes.
Le catalogue
Publié aux éditions Bernard Chauveau en version bilingue français/anglais, le catalogue de l'exposition réunit une préface d'Alice Gandin, un essai de la commissaire Amélie Adamo, ainsi que des contributions de la philosophe Vinciane Despret, de l'écrivain et critique d'art Yannick Mercoyrol, et d'Ophélie Ferlier-Bouat, historienne de l'art et directrice du Petit Palais. Disponible à partir du 15 octobre 2026, au prix de 29 €.