Issue d’une copie de la tenture des Chasses du roi François, cette tapisserie décrit le dénouement d’une chasse au héron : un valet présente aux souverains la dépouille du volatile. Pour Wulverhorst Schlegel, « De toutes les chasses à l'oiseau, c'est la haute-volerie du héron qui a été regardée comme infiniment plus noble que les autres vols, et seule digne de porter le nom de vol royal »[1]. La chasse au héron, menée avec un ou plusieurs faucons, se distingue par la technique qu’elle requiert et les fastes qu'elle déploie. Bien que jamais consommé, le héron est un gibier très prestigieux, surtout chassé pour l’ornement des tables seigneuriales.

Tissée à partir des cartons de Laurent Guyot (1575-1644), peintre des tapisseries du roi, la tenture des Chasses du roi François s'inspire des gravures d'Antonio Tempesta (1555-1630). Vraisemblablement commandée par Marie de Médicis (1575 -1642), elle évoque - de manière rétrospective - les techniques de chasse utilisées sous la Renaissance (chasse au vol, au collet, à la glu, au tir, à courre…). Elle rappelle que la chasse est un instrument au service de la royauté.