Des ménageries existaient en France dès le Moyen-Age et on observe déjà dans les tapisseries de l’époque, la représentation de singes, animaux fort appréciés des princes. Il faudra cependant attendre Louis XIV et la ménagerie royale de Versailles, conçue comme un lieu de prestige, de découverte et d’émerveillement, pour trouver en France une « collection » conséquente d’animaux exotiques et sauvages. Si les tigres du Bengale en devinrent des vedettes incontestables dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, Louis XIV refusa pourtant le premier tigre qu’on lui offrit en 1702 en raison des frais occasionnés par le voyage et le futur entretien d’un tel animal. Embarqué pour de longs mois sur un vaisseau de la Compagnie des Indes, nourri (il dévorait environ 200 moutons le temps de la traversée), le tigre était ensuite acheminé par la route, depuis Lorient, siège de la Compagnie des Indes jusqu’à Versailles.

Cette esquisse à l’huile sur papier est réalisée à partir de l’observation des animaux exotiques que François Desportes avait pu mener d’après nature. La scène réunit un tigre dessiné sur le vif au crayon, des castors effrayés par le fauve, un singe indifférent à la scène, ainsi que deux oiseaux aux couleurs chatoyantes. La présence d’une aigrette royale est peut-être une référence discrète à la fameuse ménagerie de Versailles.