De manière générale, les arquebusiers du XIXe siècle s'attachent davantage à la qualité des mécanismes qu'à la finesse des décors. Cependant, les fastes du Premier Empire gagnent aussi les armes à feu. Nicolas-Noël Boutet, directeur de la Manufacture nationale de Versailles, produit des armes d'apparat très richement ornées d'incrustations d’or, d'argent et de vermeil. Cette carabine d'arçon de vénerie est probablement l'une des plus précieuses armes qui soit au monde.

Sur la platine se détache une inscription finement gravée, « Donné par S.M l'Empereur et Roi au général de division et comte Rapp », qui témoigne du caractère politique de cette arme : il est alors d’usage d’offrir des armes comme récompense pour les officiers méritants ou comme cadeau diplomatique pour les chefs d’Etat étrangers.