[ Histoire du musée et des collections ]

Depuis son ouverture au public en 1967, le musée présente les collections de la Fondation de la Maison de la Chasse et de la Nature. Le noyau originel est issu des donations initiales de François et Jacqueline Sommer à la Fondation créée en 1964. Il se compose d’instruments de chasse, de trophées et d’œuvres d’art à sujet animalier ou cynégétique.

Chasseur passionné, autant que protecteur éclairé de la faune sauvage, François Sommer s’initie à la culture cynégétique et aux joies de la collection à travers la bibliophilie. Dès avant le seconde Guerre mondiale, il constitue une collection de livres de chasse anciens qui compte une rarissime édition originale du Livre de chasse de Gaston Phébus.

La guerre et l’occupation freinent momentanément ce premier effort. Inconsolable de la disparition de "son" Gaston Phébus dont il n’aura de cesse de retrouver l’équivalent, François Sommer désormais épaulé par son épouse Jacqueline, se mue peu à peu en un collectionneur de plus en plus averti. En connaisseur éclairé des armes de chasse, il rassemble une collection importante d’armes silencieuses d’abord : épieux, arbalètes, couteaux, puis progressivement d’armes à feu, anciennes ou modernes. Son action personnelle contribue à empêcher la dispersion de la célèbre collection Georges Pauilhac d’armes et d’armures. En remerciement de son action pour la sauvegarde de cet ensemble unique, le musée de l’Armée déposera l’ensemble des armes de chasse de la collection Pauilhac au musée de la Chasse et de la Nature dès son ouverture.

En parallèle, le couple Sommer réunit un ensemble significatif d’œuvres d’art à caractère cynégétique ou animalier. Leur collection personnelle compte près de trois mille objets et œuvres illustrant tous les domaines des arts plastiques et appliqués. Près de cinq cent gravures y côtoient certaines des œuvres qui comptent parmi les pièces majeures du musée aujourd’hui.

Rapidement, François et Jacqueline Sommer souhaitent préserver et montrer cette collection. En 1964, ils créent une fondation destinée à abriter leur musée. Avec l’appui d’André Malraux, le couple entreprend de sauver et de restaurer l’hôtel de Guénégaud qui devient le siège de la fondation. Une partie des salles de l’hôtel est affectée au musée qui ouvre ses portes au public en 1967. La présentation est alors complétée par de nombreux dépôts d’institutions publiques, parmi lesquels figure une large partie du fonds d’atelier de Desportes à la manufacture de Sèvres.

L’hôtel de Guénégaud s’avère rapidement insuffisant à contenir une collection sans cesse enrichie par ses fondateurs En 1971, au bénéfice d’une convention passée entre la Fondation et le ministère des Affaires culturelles. Celle-ci est chargée de rappeler la vocation cynégétique de Chambord. Lui est confiée le deuxième étage du château de Chambord. Vastes tapisseries et grands formats de peinture flamande et française viennent garnir les murs du château de chasse de François 1er. François Sommer s’éteint peu après. Son épouse poursuit son œuvre avant de léguer au musée, en 1993, une partie de sa collection personnelle.