|
|
[ Actualité ]
|
|
:: ARCHIVES DES EXPOSITIONS
Erik Nussbicker, L’Etre et le Cerf,
exposition-performance
Paris, 17 mai - 8 juin 2008
Le Cerf
À la suite de la première présentation du Cerf à la 5ème Biennale de Lyon « Partage d’exotismes », une succession de rencontres et d’actions a marqué le parcours de cette œuvre. Interprète d’un récital à la croisée des arts, des sciences et du spirituel, Erik Nussbicker associe la diversité d’artéfacts sonores à la richesse des structures osseuses d’un squelette de cervidé. Ses instruments d’os sont disposés en cercles concentriques sur d’épaisses nattes de crin décrivant l’espace réservé à la performance, comme une aire de jeu organique.
« L’apparente simplicité des flûtes en os, exhumées lors des fouilles, me fascine. Leur datation estime parfois leur manufacture à plus de trente-cinq mille ans. Une fois restaurés, ces instruments libèrent l’écho de nos origines. » Erik Nussbicker, 2008
|
Pendant toute la durée de l’exposition, les pièces sont accompagnées d’extraits de vidéos des performances, ainsi que de l’enregistrement d’un entretien réalisé par l’ethnomusicologue Patrick Kersalé.
Erik Nussbicker est né en 1963 à Grenoble. Diplômé de l’Institut d’Arts Visuels d’Orléans où il enseigne les arts plastiques, il vit et travaille à Paris. Affectionnant particulièrement l’ethnomusicologie il est l’auteur d’un programme de lutherie pédagogique pour la Cité de la Musique. Il a exposé son travail plastique internationalement et plus particulièrement en France (Jeu de Paume, Centre Georges Pompidou, CAPC de Bordeaux, Biennale de Lyon…) Il est par ailleurs créateur de scénographies, de structures sonores, de costumes et d’accessoires pour le spectacle vivant.
Web : www.eriknussbicker.com
Les Crânes Psychopompes
Face au Cerf, un crâne humain en suspension se balance à la renverse. Une fois lancé, son chant rythme sa trajectoire. Erik Nussbicker approfondit sa réflexion sur la formulation d’une sépulture sonore contemporaine. Ces dispositifs éprouvent le regard que nous portons sur la mort. Ils deviennent une aide à la méditation. Ils nous incitent à accepter nos limites et cet adieu prochain à l’intégrité de nos enveloppes. Le terme « psychopompe » désigne l’accompagnateur ou le conducteur de l’âme des morts, tel Charon, Orphée ou saint Michel. |
Karen Knorr, Fables
15 janvier - 11 mai 2008
Salle d’exposition temporaire du Musée de la Chasse et de la Nature
Hôtel de Mongelas - 62, rue des Archives - 75003 Paris
A la demande du Musée de la Chasse et de la Nature, Karen Knorr a poursuivi son travail sur le rapport de l'homme à l'animal. Ce thème l'avait déjà conduite à s'intéresser à la représentation des animaux dans le contexte de zoos ou de musées de beaux arts. De photographie en photographie Karen Knorr a réuni les éléments d'un bestiaire fabuleux.
Le ressort habituel des fables consiste à prêter aux animaux les conventions des hommes. La figure métaphorique de l'animal permet ainsi une approche critique de l'humanité. Mais il semble bien que les Fables de Karen Knorr aient un autre objet. Les animaux y évoluent avec naturel dans le territoire des hommes. Pas n'importe quel territoire, mais précisément celui qui devrait résolument leur rester interdit, qu'il s'agisse de salles de musée ou d'autres "sanctuaires culturels" que l'on veut habituellement protéger de la profanation des bêtes. Bien que pacifique, l'intrusion des bêtes subvertit l'institution et met en évidence son caractère "contre nature".
|
Le Musée de la Chasse et de la Nature assume pleinement ce paradoxe et joue de la transposition de l'expérience de la nature dans le domaine de l'image et de l'artifice. C'était donc une cible de choix pour Karen Knorr qui l'a choisie pour cadre de certaines de ses Fables.
L'étrangeté de cette nouvelle série des Fables ne réside pas seulement dans ce contraste entre la nature et la culture. Elle résulte d'un jeu formel complexe où se révèle la dextérité technique de l'artiste. Certains motifs animaliers sont réellement mis en scène dans le décor architectural au moment de la prise de vue. D'autres sont ajoutés a posteriori, incrustés dans le contexte architectural ou au contraire placés en surimpression de sorte qu'ils suscitent un trouble chez l'observateur. Au-delà de leur séduction immédiate, c'est bien cette ambiguïté qui fait la force des photographies de Karen Knorr.
Karen Knorr est née à Francfort (Allemagne) puis a vécu a Puerto Rico dans les années 1960, avant de terminer sa formation à Paris et Londres. Sa carrière internationale l'amène à multiplier les expositions, les conférences et les cours à travers le monde. Actuellement elle enseigne la photographie à l'University College of Creative Arts de Farnham (Royaume Uni).
Depuis les reportages saisissants qui l'ont fait connaître du public dans les années 1980, Karen Knorr a continué de subvertir, avec humour et finesse, les idées qui sous-tendent la notion de patrimoine culturel. L'univers des musées à travers l'Europe est une de ses cibles favorites. Dans ses travaux récents, Karen Knorr explore les limites entre l'animalité et l'humanité dans un monde devenu impitoyablement matérialiste. Elle recourt donc fréquemment au motif animalier.
> Télécharger le dossier de presse |
Laurent Saksik, Patch/Le Crime d'Acteon
Paris, 11 septembre 2007 - 23 décembre 2007
Après les photographies d’Eric Poitevin, la galerie d’exposition temporaire du musée abrite Artemis, une installation lumineuse de Laurent Saksik dédiée à la déesse de la chasse. Cette pièce, créée pour les salles du musée au château de Chambord, consiste en une vaste nappe lumineuse animée de pulsations colorées qui veulent évoquer le flux vital. A l’hôtel de Mongelas, elle est accrochée comme une tapisserie démesurée de 11 mètres de long sur 3 mètres de haut. Dans cette configuration elle occupe tout un mur de la salle dont les autres côtés sont tapissés de massacres de cerfs. L’installation rappelle, avec les moyens empruntés à la technologie la plus contemporaine, les grandes galeries de chasse de la Renaissance et leur symbolique opposant l’image de la vie et celle de la mort.
|
L’œuvre de Laurent Saksik est l’illustration plastique du mythe dont le directeur des Lettres Françaises, Jean Ristat, explore le versant littéraire. Le musée ayant commandé à ce dernier un « odorama poétique » pour évoquer les différents animaux présentés dans ses salles, le poète se piquant au jeu, a écrit une ode moderne à Artémis. Dans le cadre des animations culturelles de l’auditorium et en écho à l’exposition présentée dans la galerie, Jean Ristat donnera lecture de son poème.
Laurent Saksik, né en 1962, vit et travaille à Paris. Ancien pensionnaire de la Villa Médicis et de l’Atelier Calder, il travaille essentiellement sur la perception des couleurs, notamment avec ses installations lumineuses réalisées à une échelle monumentale pour des édifices tels que la chapelle des Calvairiennes à Mayenne, le château d’Azay-le-Rideau ou celui de Chambord, le palais des Victoires à Cannes. Il est représenté par la galerie Dominique Fiat. |
Eric Poitevin, Bel-Val 2006,
exposition inaugurale
(Paris, 6 février - 18 juin 2007)
Au cœur des Ardennes françaises, le domaine de Bel-Val, conçu par François et Jacqueline Sommer comme un « parc de vision » permettant d’observer la faune sauvage, ouvre ses portes aux artistes qui désirent approcher cet univers animalier et cynégétique pour s’en inspirer. Poursuivant sa vocation de belvédère ouvrant sur ce territoire des Ardennes, le musée présentera les travaux artistiques conçus dans le parc de Bel-Val.
C’est dans cette perspective que se situe l’exposition inaugurale du musée consacrée à Eric Poitevin.
|
« J’avais précisément décidé de ne plus faire de photographies de (ou avec) la nature, pour un temps du moins, lorsque Claude d’Anthenaise m’a donné l’opportunité d’être au plus près des cerfs occasion espérée autrefois, irréalisable pensais-je, finallement possible ici, tout de suite. Eviter de « redire » ce que j’avais produit en 1993 avec les chevreuils, travail de référence pour Claude d’Anthenaise, constituait pour moi une difficulté, d’où l’intérêt de dire oui.
Contrairement à cette première série dans laquelle les animaux, incontestablement morts, semblent flotter calmement dans un espace sombre, j’ai souhaité travailler « au clair » après longuement regardé une photographie d’Irving Penn de 1947 intitulée « Vermeer Still Life (with Mouse) ». On y voit un angle de pièce blanche, un quartier de bœuf pendu à un clou, un faisan et divers objets posés sur une table sans oublier la souris, posée là pour sourire.
Ici, dans ce contexte où les préoccupations sont d’ordre cynégétique, les gestes sont assumés avec respect. Le sang coule, normalement, et les têtes ne sont coupées que pour faciliter le travail du taxidermiste occasion pour moi de prolonger mon travail sur les socles ; après la série des nus montrés voici deux ans au « Plateau » à Paris. »
Eric POITEVIN,
Bel-Val, septembre 2006 |
|
|
|